Résumé
L’importation en France de la critique américaine du blackface risque fort d’être contre-productive.
Les militants antiracistes ont importé en France la critique américaine du blackface, cette pratique qui consistait (surtout au XIXe siècle) à se grimer en noir, généralement pour s’en moquer, encore que tous les cinéphiles français (il y en a pas mal) sachent que le premier film parlant, Le Chanteur de Jazz (1927), était joué par un acteur blanc, sans que ce soit en principe une moquerie.
Un article de Médiapart du 24 novembre 2016 expliquait déjà le phénomène avec le titre un peu trop impératif : « Le fait de se grimer en noir est raciste en France aussi », à propos des « Noirs de Dunkerque », nom de ceux qui se griment en Noirs pendant le carnaval local. À lire l’article, il était bien évident que cela faisait référence à l’image des Africains pendant la période coloniale, encore que ce ne soit pas conscient chez les participants (et que l’image en question n’était pas forcément négative à l’époque). C’est assez fréquent que ce genre de tradition ait perdu sa signification originelle. C’est une erreur méthodologique d’historien ou de philosophes (du début du XXe siècle) de croire que les sens anciens sont toujours vivants, dans les étymologies par exemple.
Au moment de l’article de Médiapart, j’avais mis en commentaire : « Cette importation de la critique américaine est risible. C’est peut-être parce qu’on se grime en Américain, qui sait ? » Pourtant, ces derniers temps, il est plutôt patent en France qu’on ne doit pas importer les ……………………………..
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