Richard Millet: Langue fantôme (2012)

Résumé

Outre ses obsessions identitaires, Richard Millet, dans Langue fantôme, confond l’idéalisation de la profondeur littéraire avec les mondanités décadentistes. Son style est la mise en forme de ces clichés éculés qui ratent systématiquement le début d’analyse que Millet pourrait produire si ses mots avaient un sens. C’est presque un cas d’école.

* * *

Richard Millet : Langue Fantôme, suivi de : Éloge littéraire d’Anders Breivik, ed. Pierre Guillaume de Roux, Paris, 2012, 120 p.

* * *

Puisque le mois dernier, j’ai commenté les dix-huit pages de l’Éloge littéraire d’Anders Breivik, autant amortir mon achat (on ne m’envoie pas les livres en service de presse) en jetant un coup d’oeil à Langue Fantôme.

Entre autres insignifiances, Richard Millet croit bon de déplorer qu’Umberto Eco ait allégé son roman Le Nom de la rose en enlevant les citations latines et autres coquetteries érudites. Eco les avait pourtant signalées comme telles (pour « faire médiéval ») dans la version initiale. Accordons que cette purge était inutile. Mais pas de quoi chier un pendule (de Foucault). Lire la suite « Richard Millet: Langue fantôme (2012) »

Jourde colère : « Pays perdu »

Résumé

Le texte de Pierre Jourde, Pays perdu, rate son coup littéraire et finit en fait divers. Encore un critique qui joue au romancier. Un prof de littérature qui fait des travaux pratiques.

***

En traînant sur Internet, on finit par trouver ce qu’on ne cherchait pas. Je suis tombé sur Pierre Jourde, critique littéraire maudit, qui balance grave, comme son compère Naulleau avec qui il a publié le Jourde-et-Naulleau, comme on disait le Lagarde-et-Michard, manuel scolaire de littérature de ma jeunesse. Mais le Jourde-et-Naulleau n’est pas encore au programme. C’est dommage, ça mettrait un peu d’ambiance en cours de lettres. Et on s’étonne que les élèves s’emmerdent…

La limite du genre est que Jourde critique, comme Naulleau, exige de la littérature ce qu’elle n’est pas. Une véritable critique littéraire scientifique devrait parler de la littérature telle quelle est et non telle qu’elle devrait être. Je dis ça, mais je m’en fous, en fait. C’est histoire de dire que Lire la suite « Jourde colère : « Pays perdu » »