Schiappa détourne Marx


Résumé

Amusante polémique sur un détournement d’une citation de Marx par la ministre Marlène Schiappa, qui supporte bien une interprétation anarchiste.

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La Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes du gouvernement Philippe, Marlène Schiappa, a publié sur Twitter un détournement audacieux de la citation « l’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes », qu’elle attribue à Karl Marx, pour défendre la politique du président de la République sur les aides sociales, parce qu’Emmanuel Macron avait laissé fuiter dans une vidéo publiée sur Internet qu’elles « coûtaient un pognon de dingue ». Les deux phrases ont fait le buzz et les réseaux sociaux se sont déchaînés. La médiasphère 2.0 a pour nature de commenter à l’infini les saillies de l’aristocratie républicaine au lieu de produire d’abord des informations décentralisées.

L’anecdote piquante a consisté dans la publication dans Le Monde, daté du 15 juin 2018, d’un article d’Abel Mestre nous informant que le père de la ministre, Jean-Marc Schiappa, ancien militant trotskiste, a publié un ………………………..

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Gaspard Proust, nazi cool

Résumé

La kommandantur a organisé un spectacle au Théâtre du Chatelet. Grosseu rigoladeu ! Intéressant dans ce contexte début de siècle. Humour vache et le prisonnier.

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En pleine affaire Dieudonné, ça fait drôle d’assister au spectacle de Gaspard Proust (sur Canal+). Son one man show n’est pas piqué des doryphores, comme on surnommait les soldats de la Wehrmacht pendant la Deuxième Guerre mondiale. Son parti pris est de faire rire avec un personnage qui exploite le créneau de l’humour vache qui s’attaque un peu à tout le monde, mais plus particulièrement aux valeurs humanistes, aux femmes, à la gauche (avec quelques équivoques). On découvre petit à petit que le personnage semble éprouver des sympathies pour le nazisme dont il fait partager quelques refrains et digressions littéraires en langue originale parfaitement maîtrisée. Lire la suite « Gaspard Proust, nazi cool »

La nouvelle affaire Soral

Résumé

L’humour « à la Dieudonné » contre Dieudonné et Soral. Humour noir. Les arroseurs arrosés ne sont pas les frères Lumières.

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Ne voilà-t-il pas que certains se croient intelligents en ironisant sur le fait que la petite boutique des horreurs soraliennes est un bizness qui tourne. Cela permet de sous-entendre que c’est lui le capitaliste, et pour tout dire…, le juif. Le site JSS en a même rajouté en sortant un échange de mail (y a pas que la NSA qui nous observe) entre Soral et la femme (productrice) de Dieudonné (Noémie Montagne), où ça négocie ferme sur les droits d’auteurs des « quenelles » (sorte de bras d’honneur, dans les spectacles de Dieudonné, assimilé par certains au salut nazi).

Soral, toujours le mot pour rire, se fendra même d’un homérique : « J’espère que demain, il ne faudra pas aussi vous payer des droits pour être antisémite ? » Les Columbos en herbe exultent : « Ah ! On vous l’avait bien dit ! L’ordure s’est démasquée ! » En même temps…, comme masque, Yahvé mieux. C’est vrai que le bonhomme ne cache pas trop son complotisme protocolaire rétro à propos de ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre de l’Empire. C’est dommage pour lui. Du coup, Michéa peut lui piquer la place de l’essayiste radical à la mode (plus dans la norme, puisque celui là vise plutôt les Noirs et les Arabes). Lire la suite « La nouvelle affaire Soral »

Godard et la solution à la crise grecque

La revue Internet Slate nous fait partager les lumières de Godard qui, dans une interview du Guardian, du 12 juillet 2011, « Jean-Luc Godard: ‘Film is over. What to do?’ » outre ses nouvelles théories sur le sampling cinématographique, nous propose une solution originale à la crise grecque. Comme les Grecs, avec Aristote, nous ont donné la logique, il suffit de payer des royalties à la Grèce chaque fois que nous utilisons le mot « donc » dans nos raisonnements et la Grèce sera sauvée.

Il plaisante. Godard n’est pas très logique avec lui-même puisqu’il qu’il est contre le droit d’auteur. Il le réaffirme dans le même article à propos du sampling, comme il l’avait dit dans un autre article « Le réalisateur Jean-Luc Godard se déclare anti-Hadopi » publié par Olivier Robillart le 19 mai 2010 : « Un auteur n’a aucun droit. Je n’ai aucun droit. Je n’ai que des devoirs. Je suis contre Hadopi, bien sûr. Il n’y a pas de propriété intellectuelle. » De là à dire que l’illogisme est la cause de la crise grecque, il n’y aurait qu’un pas que je serais tenté de franchir.

Mais l’idée n’est pas si idiote, si on lui enlève toute la confusion qui fait de Godard « le roi du montage ». C’est ainsi qu’on peut qualifier l’absence de lien logique, « parataxe », qui caractérise son cinéma. Il ne veut pas nous raconter d’histoire, comme il le revendique en faisant de nécessité vertu. C’est son problème… et celui de ses spectateurs !

La situation actuelle de la Grèce, comme je l’ai indiqué ailleurs, réside dans le fait qu’elle ne possède pas de secteur où investir pour utiliser les aides de l’Europe. Le tourisme bon marché subit la concurrence de la Turquie, le tourisme de luxe et culturel celui de la France, de l’Italie, et des nouveaux pays du monde qui s’ouvrent aujourd’hui. Les faibles moyens du pays ne lui permettent pas de concurrencer les nouvelles puissances. Les créneaux impersonnels de casinos ou de complexes de loisirs géants lui feraient perdre ses avantages culturels traditionnels. Le pays est limité géographiquement. Les jeunes ne trouvent pas de travail à la mesure d’une population éduquée.

Dans ce contexte, un facteur aggravant est précisément le recul de la culture classique. La langue grecque n’est plus apprise dans le cursus scolaire européen. La solution est toute trouvée. Il suffit pour la jeunesse éduquée d’émigrer quelques années, avec éventuellement le soutien de l’Europe, pour renouveler la diffusion des études de langue grecque classique. C’est un projet culturel qui pourrait recevoir l’approbation générale de tous les pays qui s’inquiètent de la baisse de niveau culturel. Il en résultera un renouveau du tourisme de haut niveau qui procurera une rente éternelle au pays.

C’est sans doute, inconsciemment (ou confusément), ce que voulait proposer Jean-Luc Godard. Je n’ai fait que traduire (tel Champollion grâce à la pierre de Rosette). Et si ça marche, je mérite bien des cours de grec ancien et moderne avec séjour illimité gratuits à vie dans le pays.

Voir aussi :