Résumé
René Lenoir, haut fonctionnaire et homme politique français, vient de mourir à 90 ans le mois dernier, le 16 décembre 2017. Il avait été secrétaire d’État à l’action sociale de Valéry Giscard d’Estaing de 1974 à 1978, juste après avoir écrit ce livre. Les exclus dont il parle sont ceux qu’on appelait alors les « inadaptés sociaux », tout spécialement les handicapés physiques et mentaux, que René Lenoir a contribué lui-même à intégrer avec une loi d’orientation en faveur des handicapés en 1975, accordant une allocation à tous les adultes handicapés et, en 1978, avec une obligation d’accessibilité pour toutes les nouvelles constructions d’habitation collective.
René Lenoir, Les Exclus : un Français sur dix, coll. « Points Actuels », édition du Seuil, Paris, 3e édition mise à jour, 1981 (1974), 182 p.
Dans les années suivant sa réédition en poche, j’avais lu ce livre qui décrit donc la situation de 1974, avant le septennat présidentiel de Giscard d’Estaing. J’avais remarqué que l’intérêt du livre était de caractériser l’exclusion véritable par des causes physiques ou sociales matérielles. Cela tranchait avec le discours habituel, spécialement dans la période d’après l’élection de François Mitterrand en 1981, qui parlait du social en termes de revendications salariales de ceux qui ne sont donc pas des exclus. On peut rappeler aussi qu’il n’y avait alors que 500 000 chômeurs et l’on entendait dire qu’il y aurait une révolution s’il venait à y en avoir un million.
Le livre de René Lenoir, outre les conditions sociales de l’époque où ces institutions sociales se mettaient en place, rappelle aussi les conceptions d’alors, quand il parle des origines héréditaires de l’inadaptation ou des réactions passéistes face à l’urbanisation (on parlait beaucoup des expériences sur les rats en cage), la violence au cinéma, l’uniformisation scolaire, l’exode rural (pp. 16-28). Il s’inquiète des phénomènes de difficultés (abandons surtout) et de violence de la jeunesse (blousons noirs de l’époque, aussi p. 88), de l’éducation dans les zones défavorisées. Il note que la concentration urbaine augmente le nombre de résidences secondaires, et cela constitue pour lui une justification de la programmation du développement de la pavillonisation qui a suivi ……………………………………………………………..
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