Résumé
La contestation webmédiatique de Macron, pour inefficace qu’elle soit, montre les limites actuelles de la démocratie. Le paradoxe du volontarisme, pour bousculer les blocages, est une forme d’étatisme libéral qui maintient précisément les mauvaises habitudes dirigistes qu’il faut justement renverser, parce qu’elles dominent à gauche comme à droite.
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Un défaut de la situation politique est que l’oppositionnisme systématique aux gouvernements ou aux puissants en général, amplifié par les réseaux sociaux sur Internet, a une visibilité démesurée par rapport à son influence réelle, qui est à peu près nulle. Concrètement, on peut dire qu’on se trouve encore en situation de Quatrième République ou de l’Italie, où les opposants tentent de faire sauter les gouvernements, pour prendre évidemment la place de président du Conseil. Mais comme ce n’est pas le système actuel, ça tourne à vide. Au mieux, on peut faire sauter un ministre avec un scandale quelconque, c’est d’ailleurs arrivé d’emblée pour certains soutiens de Macron comme François Bayrou, pour une affaire d’emploi fictif du Modem au parlement européen, ou pour Richard Ferrand, pour une accusation de prise illégale d’intérêt, qui a été déclarée prescrite. Ce phénomène est d’ailleurs vrai pour les autres partis : le FN avec des emplois fictifs européens, les surfacturations de frais de campagne pour les Insoumis de Mélenchon, etc. Le jeu consite à exposer les cadavres dans les placards des uns et des autres. Ça marche ou pas. Les petits arrangements à la méditerranéenne sont de plus en plus traités à la scandinave, avec la relative hypocrisie journalistique à l’américaine. Les affaires sexuelles du président Clinton en étaient un bon exemple, entre harcèlement sexuel et rapports consentis, finalement sans effet direct (sinon peut-être l’échec de sa femme Hillary contre Trump).
Le cas du président Macron s’inscrit un peu dans la continuité de celle de Hollande, bien qu’il ait voulu s’en démarquer d’emblée contre l’idée de « président normal », et on le comprend puisque le Hollande-bashing a commencé tout de suite après son élection, comme je le rappelais un an plus tard. Macron aura résisté un peu plus longtemps, mais on risque d’aboutir au même résultat pour le premier anniversaire de son quinquennat.
Macron est un peu jeune
Sans doute pour ne pas connaître le sort de Hollande, Emmanuel Macron a voulu commencer fort, en prétendant donner à la politique un coup de jeune. Il a réussi son coup d’arriver au pouvoir en sortant de nulle part et a confirmé par l’élection de ses partisans à l’Assemblée. C’est un peu une vengeance de Jean Lecanuet et Jean-Jacques Servan-Schreiber, qui n’avaient pas réussi en 1965 à imiter le modèle américain de Kennedy. Encore que ce dernier s’était fait assassiner rapidement, comme pour casser l’ambiance.
Macron utilise les codes du moment, comme celui de la « start-up nation », pour exprimer l’image du dynamisme et ça peut peut-être marcher, ou pas, comme une victoire à la coupe du monde de football en 1998. Il semble croire aux symboles. Moi pas. Du fait qu’il a l’âge qu’il a, il reproduit le schéma mental des jeunes cadres dynamiques de la période yuppie, il a confirmé en devenant banquier d’affaires et en entrant très jeune dans les cabinets ministériels. C’est ce qu’on appelle une belle …………………………………….
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