Em-Benalla-ment médiatique


Résumé

Même les vraies informations sont parfois des fake-news

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Cette affaire Alexandre Benalla est un bon exemple d’affaire médiatique. Ce chargé de mission de l’entourage du président Macron a été pris en flagrant délit de bastonnade de manifestants au cours d’une manifestation du 1er mai 2018, place de la Contrescarpe à Paris. L’épisode commence quand on lui avait proposé de participer à l’encadrement de la manif en tant qu’observateur avec les forces de police. Sous prétexte qu’il s’agit d’un proche du président, malgré les dénégations initiales maladroites habituelles, la presse fait une montagne d’une souris et les opposants politiques s’en emparent en invoquant les grands principes. Comme je le disais dans mon article précédent sur le sujet, il semble qu’on en est revenu à la Quatrième République où l’on essaie de faire tomber le gouvernement tous les mois, mais comme la Cinquième est beaucoup plus stable, ça ne sert absolument à rien. Deux motions de censure, de droite et de gauche, ont été déposées à l’assemblée et évidemment rejetées le 31 juillet par la majorité présidentielle.

La nouveauté est simplement que ces affaires fournissent les images et les vidéos en temps réel sur les réseaux sociaux. On a pu visionner la vidéo de l’incident et les images de l’omniprésence de Benalla dans l’entourage immédiat de Macron dans tous ses déplacements. On a appris qu’il …………………………………………………..

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Schiappa détourne Marx


Résumé

Amusante polémique sur un détournement d’une citation de Marx par la ministre Marlène Schiappa, qui supporte bien une interprétation anarchiste.

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La Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes du gouvernement Philippe, Marlène Schiappa, a publié sur Twitter un détournement audacieux de la citation « l’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes », qu’elle attribue à Karl Marx, pour défendre la politique du président de la République sur les aides sociales, parce qu’Emmanuel Macron avait laissé fuiter dans une vidéo publiée sur Internet qu’elles « coûtaient un pognon de dingue ». Les deux phrases ont fait le buzz et les réseaux sociaux se sont déchaînés. La médiasphère 2.0 a pour nature de commenter à l’infini les saillies de l’aristocratie républicaine au lieu de produire d’abord des informations décentralisées.

L’anecdote piquante a consisté dans la publication dans Le Monde, daté du 15 juin 2018, d’un article d’Abel Mestre nous informant que le père de la ministre, Jean-Marc Schiappa, ancien militant trotskiste, a publié un ………………………..

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L’échec démocratique de Macron


Résumé

La contestation webmédiatique de Macron, pour inefficace qu’elle soit, montre les limites actuelles de la démocratie. Le paradoxe du volontarisme, pour bousculer les blocages, est une forme d’étatisme libéral qui maintient précisément les mauvaises habitudes dirigistes qu’il faut justement renverser, parce qu’elles dominent à gauche comme à droite.

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Un défaut de la situation politique est que l’oppositionnisme systématique aux gouvernements ou aux puissants en général, amplifié par les réseaux sociaux sur Internet, a une visibilité démesurée par rapport à son influence réelle, qui est à peu près nulle. Concrètement, on peut dire qu’on se trouve encore en situation de Quatrième République ou de l’Italie, où les opposants tentent de faire sauter les gouvernements, pour prendre évidemment la place de président du Conseil. Mais comme ce n’est pas le système actuel, ça tourne à vide. Au mieux, on peut faire sauter un ministre avec un scandale quelconque, c’est d’ailleurs arrivé d’emblée pour certains soutiens de Macron comme François Bayrou, pour une affaire d’emploi fictif du Modem au parlement européen, ou pour Richard Ferrand, pour une accusation de prise illégale d’intérêt, qui a été déclarée prescrite. Ce phénomène est d’ailleurs vrai pour les autres partis : le FN avec des emplois fictifs européens, les surfacturations de frais de campagne pour les Insoumis de Mélenchon, etc. Le jeu consite à exposer les cadavres dans les placards des uns et des autres. Ça marche ou pas. Les petits arrangements à la méditerranéenne sont de plus en plus traités à la scandinave, avec la relative hypocrisie journalistique à l’américaine. Les affaires sexuelles du président Clinton en étaient un bon exemple, entre harcèlement sexuel et rapports consentis, finalement sans effet direct (sinon peut-être l’échec de sa femme Hillary contre Trump).

Le cas du président Macron s’inscrit un peu dans la continuité de celle de Hollande, bien qu’il ait voulu s’en démarquer d’emblée contre l’idée de « président normal », et on le comprend puisque le Hollande-bashing a commencé tout de suite après son élection, comme je le rappelais un an plus tard. Macron aura résisté un peu plus longtemps, mais on risque d’aboutir au même résultat pour le premier anniversaire de son quinquennat.

Macron est un peu jeune

Sans doute pour ne pas connaître le sort de Hollande, Emmanuel Macron a voulu commencer fort, en prétendant donner à la politique un coup de jeune. Il a réussi son coup d’arriver au pouvoir en sortant de nulle part et a confirmé par l’élection de ses partisans à l’Assemblée. C’est un peu une vengeance de Jean Lecanuet et Jean-Jacques Servan-Schreiber, qui n’avaient pas réussi en 1965 à imiter le modèle américain de Kennedy. Encore que ce dernier s’était fait assassiner rapidement, comme pour casser l’ambiance.

Macron utilise les codes du moment, comme celui de la « start-up nation », pour exprimer l’image du dynamisme et ça peut peut-être marcher, ou pas, comme une victoire à la coupe du monde de football en 1998. Il semble croire aux symboles. Moi pas. Du fait qu’il a l’âge qu’il a, il reproduit le schéma mental des jeunes cadres dynamiques de la période yuppie, il a confirmé en devenant banquier d’affaires et en entrant très jeune dans les cabinets ministériels. C’est ce qu’on appelle une belle …………………………………….

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Macron et Mélenchon incompris?

Résumé

La politique se réduit-elle à jouer sur les mots pour divertir les gogos ?

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Tant Emmanuel Macron que Jean-Luc Mélenchon ont des problèmes avec les mots qu’ils utilisent. J’avais eu l’occasion de commenter ce travers précédemment. Cette fois, la conjonction est amusante puisque les deux ont provoqué une indignation publique surjouée quasi simultanément pour cette rentrée politique de septembre 2017.

En voyage en Grèce, le président Macron a parlé de « fainéants » et certains se sont sentis visés. Ils ont revendiqué le qualificatif à l’occasion de la première manifestation de la rentrée, contre la réforme du Code du travail : « Les fainéants en colère », « Les fainéants sont dans la rue », « Fainéants de tous les pays, unissez-vous ! », etc. Macron s’en est expliqué en disant qu’il visait les politiciens qui n’avaient pas fait les réformes nécessaires. Le 26 septembre 2017, dans Le Monde, l’écrivain Henri Peña-Ruiz a fait semblant de comprendre que Macron traitait donc de fainéants les personnes qui refusent ses réformes. On comprend que le mot fainéant désigne celui qui ne fait pas quelque chose qu’il devrait faire. Normalement, le mot ne désigne pas quelqu’un qui n’est pas d’accord avec ce qui est fait…………….

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Macron contestation


Résumé

La méthode volontariste de Macron risque de faire lever la contestation. Le volontarisme a des limites dans le domaine administratif, d’autant qu’on n’est plus à l’époque de la centralisation. Le problème serait plutôt la confusion des rôles.

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Macron commence mal la rentrée parlementaire 2017 avec ses discours à l’emporte-pièce qui jettent de l’huile sur le feu. Comme je le disais en juin, l’inconvénient d’un parlement à sa botte est que cela ne va pas tempérer les choses. Les opposants à ses réformes font semblant de ne pas comprendre ce qu’il dit en jouant sur les vieux mythes et le gouvernement leur renvoie la politesse. J’en ai parlé le mois dernier, je n’y reviens pas. Après avoir éliminé la prétendue « gauche de gouvernement », la gauche protestataire reprend des couleurs, mais le logo « plus à gauche que moi tu meurs » permet surtout de faire des blagues sur Internet et d’organiser des manifs. Au moins, le FN est sur la touche pour le moment : les médias vont devoir trouver d’autres « bons clients », ça va nous faire des vacances de ce côté-là. Heureusement, les faits divers ne manquent pas et Trump gigote à plein tube.

Vitesse et Précipitation

Vouloir tout changer rapidement, comme le veut Emmanuel Macron, est toujours risqué. C’est vrai que la situation sociale actuelle paraît bloquée, et qu’il faut parfois secouer le cocotier, mais vouloir passer en force est une mauvaise idée. Quand on veut casser l’opposition classique droite/gauche en la considérant comme contre-productive, il est préférable de rechercher le fameux consensus dont on crédite habituellement le modèle social allemand. Mais les Français ne savent pas faire. Dans un sens, c’est parce qu’ils ont une vision positive de la nature humaine. Ils considèrent que le consensus humaniste est déjà réalisé. Du coup, ils ne vont pas perdre du temps à parler de ce qu’on sait déjà. Ils cherchent donc tout de suite les problèmes qui subsistent et les sujets qui fâchent pour améliorer encore cette situation idyllique.

Mais c’est une erreur car l’intendance ne suit pas. Ce n’est pas seulement parce que le diable est dans les détails, mais plutôt parce que les grandes idées doivent être assimilées avant d’être mises en oeuvre. Le sociologue Michel Crozier a montré que les technocrates ne se rendent pas compte que leurs décisions se perdent dans le dédale de l’exécution, même si on finit par faire les choses quand même. Une approche plus pragmatique à l’anglo-saxonne ou sur le mode entrepreneurial permet en principe de progresser par essai et erreurs, mais les mauvaises habitudes de l’administration bonapartiste consistent à croire que les choses fonctionnent sur le mode militaire. En outre, le bon vieux temps de l’Empire français qui réduisait les vassaux des colonies à un marché captif est terminé dans un monde concurrentiel. Pas complètement, mais les prés carrés se marchandent à coups d’interventions militaires coûteuses. C’est pas du business, ça !

L’inconvénient de vouloir tout changer est aussi de risquer de casser ce qui marche ou qui pourrait mieux marcher si on améliorait simplement le suivi. Que sont devenus les « cercles de qualité » qui étaient censés s’atteler à la question dans les années 1980 ? Les industriels préfèrent-ils considérer que les normes les emmerdent et vivre de subventions ou de commandes publiques (selon le modèle colonial susmentionné) avec la complicité des syndicats et des élus ? En situation de concurrence, c’est plutôt une qualité supérieure qui permet de conquérir ou de conserver des marchés quand on n’est pas le plus fort ou le moins cher. J’ai déjà souligné le risque de se griller complètement à l’international quand on minimise les scandales comme ……………………………………………

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Abstention révolutionnaire?

Résumé
Le refus du front républicain d’une partie des partisans de Jean-Luc Mélenchon et le mauvais souvenir des hitléro-trotskistes.

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Les présidentielles françaises 2017 resteront dans l’histoire comme un summum qui dépasse le niveau de connerie de la précédente élection présidentielle américaine de 2016. On croit toujours qu’on ne peut pas faire pire, mais les capacités humaines sont vraiment illimitées.

Après le premier tour, les « insoumis » partisans de Jean-Luc Mélenchon ont mal supporté la défaite de leur leader. Certains ont considéré, comme j’en avais envisagé la possibilité avant le résultat, que l’absence de désistement d’Hamon en leur faveur leur avait volé la qualification pour le second tour. On a parlé du besoin du PS de rembourser les frais de campagne (il a passé les 5 % de justesse avec 6,36 %). Mais j’avais également posé la question de savoir ce qui se serait passé en cas de second tour Mélenchon/Macron. Configuration intéressante pour le report des voix de droite et d’extrême droite. Se seraient-elles portées respectivement sur Macron et Mélenchon ou en partie sur chacun, ce qui aurait provoqué une quasi-égalité dans les deux cas ?

Justement, la question du ballottage Macron/Le Pen semble aussi se poser aux insoumis alors qu’on aurait pu croire, dans leur cas, à une évidence du front républicain contre le FN. On ne leur demandait évidemment pas une approbation du programme de Macron, qui a eu la maladresse, encore une, de demander un vote d’adhésion. Toujours est-il qu’entre les deux tours, les partisans de Mélenchon se sont progressivement monté la tête en jouant les persécutés devant « l’arrogance » de l’injonction de bien voter. On reconnaît d’ailleurs ici la stratégie de victimisation du FN contre les élites, au point qu’on se demande si ce ne sont pas les nombreux trolls du FN qui le disaient et si les insoumis ne sont pas simplement des gogos. Mélenchon lui-même a refusé d’appeler à voter Macron (contrairement à Hamon) en disant seulement qu’il fallait faire barrage au FN et a dû revenir préciser qu’il n’allait pas s’abstenir, toujours sans appeler à voter Macron. Ses pudeurs de vieilles filles ont été justifiées……………..

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Vote sanction contre les insoumis

Résumé
Les partisans de Mélenchon risquent de perdre gros en refusant les alliances.

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Non, mais franchement… Les insoumis abstentionnistes, partisans de Jean-Louis Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle ne veulent faire barrage à Le Pen en votant Macron. Ils rêvent s’ils croient qu’ils vont pouvoir préparer le troisième tour (qui n’existe pas) en ne permettant pas de gagner le second tour !

C’est une mauvaise habitude de la gauche de prétendre à l’hégémonie dès qu’elle est majoritaire (= bolchevique en russe). C’est d’ailleurs ce qui s’était passé de la part du PS contre eux, ce qui avait provoqué précisément le départ de Mélenchon. Cette majorité à laquelle ils prétendent n’existe d’ailleurs évidemment pas, surtout si on compte le pourcentage des exprimés, comme certains veulent qu’on le fasse. J’ai eu l’occasion de répéter plusieurs fois que si la vraie gauche se réduit aux « insoumis », elle est donc très minoritaire. Si on retranche le vote utile qui s’est porté sur Mélenchon quand Hamon est passé second, cela ne doit pas faire plus de 15 % des votants, c’est-à-dire 10 % des inscrits. L’idée de prendre le pouvoir (« par des moyens légaux » comme dit le poète) devient très théorique, pour ne pas dire fantasmatique.

En se limitant au parlementarisme (bourgeois), préparer un troisième tour des législatives devrait inciter les insoumis abstentionnistes à s’interroger sur la possibilité de réunir les suffrages de ceux qui refusent l’abstentionnisme. Le truc lepéniste devenu la norme est de se victimiser contre l’arrogance des élites, parce qu’ils n’acceptent pas les critiques contre l’abstention. Pauvres chéris ! En militant ensemble pour Mélenchon, ils côtoyaient donc certaines de ces élites qui………………

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