Em-Benalla-ment médiatique


Résumé

Même les vraies informations sont parfois des fake-news

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Cette affaire Alexandre Benalla est un bon exemple d’affaire médiatique. Ce chargé de mission de l’entourage du président Macron a été pris en flagrant délit de bastonnade de manifestants au cours d’une manifestation du 1er mai 2018, place de la Contrescarpe à Paris. L’épisode commence quand on lui avait proposé de participer à l’encadrement de la manif en tant qu’observateur avec les forces de police. Sous prétexte qu’il s’agit d’un proche du président, malgré les dénégations initiales maladroites habituelles, la presse fait une montagne d’une souris et les opposants politiques s’en emparent en invoquant les grands principes. Comme je le disais dans mon article précédent sur le sujet, il semble qu’on en est revenu à la Quatrième République où l’on essaie de faire tomber le gouvernement tous les mois, mais comme la Cinquième est beaucoup plus stable, ça ne sert absolument à rien. Deux motions de censure, de droite et de gauche, ont été déposées à l’assemblée et évidemment rejetées le 31 juillet par la majorité présidentielle.

La nouveauté est simplement que ces affaires fournissent les images et les vidéos en temps réel sur les réseaux sociaux. On a pu visionner la vidéo de l’incident et les images de l’omniprésence de Benalla dans l’entourage immédiat de Macron dans tous ses déplacements. On a appris qu’il …………………………………………………..

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L’échec démocratique de Macron


Résumé

La contestation webmédiatique de Macron, pour inefficace qu’elle soit, montre les limites actuelles de la démocratie. Le paradoxe du volontarisme, pour bousculer les blocages, est une forme d’étatisme libéral qui maintient précisément les mauvaises habitudes dirigistes qu’il faut justement renverser, parce qu’elles dominent à gauche comme à droite.

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Un défaut de la situation politique est que l’oppositionnisme systématique aux gouvernements ou aux puissants en général, amplifié par les réseaux sociaux sur Internet, a une visibilité démesurée par rapport à son influence réelle, qui est à peu près nulle. Concrètement, on peut dire qu’on se trouve encore en situation de Quatrième République ou de l’Italie, où les opposants tentent de faire sauter les gouvernements, pour prendre évidemment la place de président du Conseil. Mais comme ce n’est pas le système actuel, ça tourne à vide. Au mieux, on peut faire sauter un ministre avec un scandale quelconque, c’est d’ailleurs arrivé d’emblée pour certains soutiens de Macron comme François Bayrou, pour une affaire d’emploi fictif du Modem au parlement européen, ou pour Richard Ferrand, pour une accusation de prise illégale d’intérêt, qui a été déclarée prescrite. Ce phénomène est d’ailleurs vrai pour les autres partis : le FN avec des emplois fictifs européens, les surfacturations de frais de campagne pour les Insoumis de Mélenchon, etc. Le jeu consite à exposer les cadavres dans les placards des uns et des autres. Ça marche ou pas. Les petits arrangements à la méditerranéenne sont de plus en plus traités à la scandinave, avec la relative hypocrisie journalistique à l’américaine. Les affaires sexuelles du président Clinton en étaient un bon exemple, entre harcèlement sexuel et rapports consentis, finalement sans effet direct (sinon peut-être l’échec de sa femme Hillary contre Trump).

Le cas du président Macron s’inscrit un peu dans la continuité de celle de Hollande, bien qu’il ait voulu s’en démarquer d’emblée contre l’idée de « président normal », et on le comprend puisque le Hollande-bashing a commencé tout de suite après son élection, comme je le rappelais un an plus tard. Macron aura résisté un peu plus longtemps, mais on risque d’aboutir au même résultat pour le premier anniversaire de son quinquennat.

Macron est un peu jeune

Sans doute pour ne pas connaître le sort de Hollande, Emmanuel Macron a voulu commencer fort, en prétendant donner à la politique un coup de jeune. Il a réussi son coup d’arriver au pouvoir en sortant de nulle part et a confirmé par l’élection de ses partisans à l’Assemblée. C’est un peu une vengeance de Jean Lecanuet et Jean-Jacques Servan-Schreiber, qui n’avaient pas réussi en 1965 à imiter le modèle américain de Kennedy. Encore que ce dernier s’était fait assassiner rapidement, comme pour casser l’ambiance.

Macron utilise les codes du moment, comme celui de la « start-up nation », pour exprimer l’image du dynamisme et ça peut peut-être marcher, ou pas, comme une victoire à la coupe du monde de football en 1998. Il semble croire aux symboles. Moi pas. Du fait qu’il a l’âge qu’il a, il reproduit le schéma mental des jeunes cadres dynamiques de la période yuppie, il a confirmé en devenant banquier d’affaires et en entrant très jeune dans les cabinets ministériels. C’est ce qu’on appelle une belle …………………………………….

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Macron contestation


Résumé

La méthode volontariste de Macron risque de faire lever la contestation. Le volontarisme a des limites dans le domaine administratif, d’autant qu’on n’est plus à l’époque de la centralisation. Le problème serait plutôt la confusion des rôles.

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Macron commence mal la rentrée parlementaire 2017 avec ses discours à l’emporte-pièce qui jettent de l’huile sur le feu. Comme je le disais en juin, l’inconvénient d’un parlement à sa botte est que cela ne va pas tempérer les choses. Les opposants à ses réformes font semblant de ne pas comprendre ce qu’il dit en jouant sur les vieux mythes et le gouvernement leur renvoie la politesse. J’en ai parlé le mois dernier, je n’y reviens pas. Après avoir éliminé la prétendue « gauche de gouvernement », la gauche protestataire reprend des couleurs, mais le logo « plus à gauche que moi tu meurs » permet surtout de faire des blagues sur Internet et d’organiser des manifs. Au moins, le FN est sur la touche pour le moment : les médias vont devoir trouver d’autres « bons clients », ça va nous faire des vacances de ce côté-là. Heureusement, les faits divers ne manquent pas et Trump gigote à plein tube.

Vitesse et Précipitation

Vouloir tout changer rapidement, comme le veut Emmanuel Macron, est toujours risqué. C’est vrai que la situation sociale actuelle paraît bloquée, et qu’il faut parfois secouer le cocotier, mais vouloir passer en force est une mauvaise idée. Quand on veut casser l’opposition classique droite/gauche en la considérant comme contre-productive, il est préférable de rechercher le fameux consensus dont on crédite habituellement le modèle social allemand. Mais les Français ne savent pas faire. Dans un sens, c’est parce qu’ils ont une vision positive de la nature humaine. Ils considèrent que le consensus humaniste est déjà réalisé. Du coup, ils ne vont pas perdre du temps à parler de ce qu’on sait déjà. Ils cherchent donc tout de suite les problèmes qui subsistent et les sujets qui fâchent pour améliorer encore cette situation idyllique.

Mais c’est une erreur car l’intendance ne suit pas. Ce n’est pas seulement parce que le diable est dans les détails, mais plutôt parce que les grandes idées doivent être assimilées avant d’être mises en oeuvre. Le sociologue Michel Crozier a montré que les technocrates ne se rendent pas compte que leurs décisions se perdent dans le dédale de l’exécution, même si on finit par faire les choses quand même. Une approche plus pragmatique à l’anglo-saxonne ou sur le mode entrepreneurial permet en principe de progresser par essai et erreurs, mais les mauvaises habitudes de l’administration bonapartiste consistent à croire que les choses fonctionnent sur le mode militaire. En outre, le bon vieux temps de l’Empire français qui réduisait les vassaux des colonies à un marché captif est terminé dans un monde concurrentiel. Pas complètement, mais les prés carrés se marchandent à coups d’interventions militaires coûteuses. C’est pas du business, ça !

L’inconvénient de vouloir tout changer est aussi de risquer de casser ce qui marche ou qui pourrait mieux marcher si on améliorait simplement le suivi. Que sont devenus les « cercles de qualité » qui étaient censés s’atteler à la question dans les années 1980 ? Les industriels préfèrent-ils considérer que les normes les emmerdent et vivre de subventions ou de commandes publiques (selon le modèle colonial susmentionné) avec la complicité des syndicats et des élus ? En situation de concurrence, c’est plutôt une qualité supérieure qui permet de conquérir ou de conserver des marchés quand on n’est pas le plus fort ou le moins cher. J’ai déjà souligné le risque de se griller complètement à l’international quand on minimise les scandales comme ……………………………………………

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