L’échec d’Hillary Clinton

Résumé

La défaite d’Hillary Clinton n’a dépendu que des swing states (ou de la présence de la candidate écologiste). Mais Clinton n’aurait surtout pas dû être candidate.

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Donald Trump est finalement devenu le quarante-cinquième président américain, contrairement aux prévisions des médias et des politologues qui donnaient Hillary Clinton gagnante, parfois avec une avance confortable. Les partisans de Trump qui critiquent les élites médiatiques en ont d’autant plus jubilé. Pourtant, après leur victoire, il est apparu progressivement que Clinton avait presque un million de voix supplémentaires, puis presque deux millions et finalement presque trois millions (2.868.519) de plus que Trump. La victoire des républicains se résume banalement à un problème de découpage électoral selon le système des délégués par état.

On notera au passage que les résultats ont mis plus de trois ou quatre semaines, voire plus, pour révéler ces écarts : le perdant étant supposé admettre sa défaite sans connaître son score réel. Et il semble, selon la presse, que les résultats finaux ne soient réellement connus aux États-Unis que plusieurs mois après les élections au moment où le nouveau président est déjà intronisé. On se dit avec étonnement que cela relève de pratiques de républiques bananières, outre les magouilles habituelles pour empêcher de voter les Noirs et les pauvres, supposés partisans des démocrates, par des exigences d’identifications (légitimes en elles-mêmes, mais dans un pays sans carte d’identité avec photo), par un faible nombre de bureaux de vote mal répartis, et divers empêchements (qu’on peut penser issus de la tradition anti-abolitionniste), sans parler des fraudes classiques ou des problèmes du vote électronique, comme au cours du vote Bush contre Gore en Floride de 2000.

Après coup, les sondages ont révélé que c’étaient bien les plus riches qui avaient voté Trump. Ce qui a permis aux partisans de Clinton (outre les voix supplémentaires) de revendiquer « le vote populaire », parce qu’ils semblent oublier leur souci des fameuses « classes moyennes » avec lesquelles on nous bassinait tout au long de la longue …

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Élections (Régionales 2015) pièges à cons

Résumé

Tout le monde se plaint des politiciens, mais tout le monde s’adonne à la démagogie en prenant les autres pour des cons. La politique consiste à faire semblant de le croire.

Résultats attendus

Les soirées électorales des Régionales 2015 ont porté essentiellement sur le bon score du Front national, arrivé en tête des grands partis. Rappel des résultats au premier tour (Source: Ministère de l’Intérieur) :

 
Résultats 1er tour Voix % des
inscrits
% des
exprimés
Front national 6 018 914 13,29 27,73
« Union de la Droite » (LR/UDI) 5 785 224 12,77 26,65
« Union de la Gauche » (PS/PRG) 5 019 795 11,08 23,12
Autres(droite ou gauche) 4 884 347 10,78 22,50

Il faut quand même relativiser. Non que la victoire du FN sur les autres grands partis ne soit pas réelle, mais on peut quand même constater que le tripartisme dont on parle tant n’existe pas vraiment. On se retrouve avec seulement un quart des exprimés pour chaque grand parti, un autre quart dispersé, sans parler…

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Premier tour sans surprise

Ceux qui ne l’ont pas vu venir se sont trompés

Le premier tour des présidentielles 2012 nous donne Marine Le Pen à 17,90 %. Elle n’est pas au deuxième tour, mais comme elle contrôle l’élection, c’est tout comme. Si toutes les voix FN, Bayrou (9,13 %), et Dupont-Aignan (1,79 %) se portaient sur Sarkozy (27,18 %), la droite aurait donc 55 %. des suffrages. Mais ça ne sera sûrement pas le cas. Depuis Mitterrand, la droite est divisée grâce à la présence du FN. La stratégie qui consiste à tout miser sur l’immigration est finalement un mauvais calcul pour elle, et un bon calcul pour la gauche. À qui profite le crime ?

Inversement, avec les sondages de la semaine précédente, j’avais noté (dans un commentaire sur Médiapart), qu’il aurait été amusant que Mélenchon, les gauchistes, les écolos, plus Bayrou s’allient sur le principe du « Tous contre Sarkozy » en décidant de se désister pour Hollande. Il serait passé au premier tour. Ça nous aurait fait économiser du temps et quelques angoisses pour les candidats. La presse n’aurait pas aimé. Mais puisqu’on parle d’économies…

Sauf retournement de dernière minute, ou grosse gaffe de Hollande, Sarkozy va être battu malgré une majorité à droite. Lire la suite « Premier tour sans surprise »