Attentats à Paris & État islamique

Résumé
Le terrorisme correspond à la réaction irrationnelle qui consiste à se payer de mots. Il met au jour les contradictions des uns et des autres et il n’existe que parce qu’on n’a pas résolu les problèmes qu’on se pose ou qu’on refuse de se poser. L’islam est encore sur la sellette, mais la question étatique est celle de l’ordre.

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Les attentats de Paris du 13 novembre 2015 ont donné lieu, comme je l’avais remarqué à propos de ceux de Charlie Hebdo, à de nombreuses manifestations rituelles d’affliction, ex-voto, fleurs ou bougies sur les sites des attentats, manifestations, messes, etc., ou à des déclarations patriotiques, Marseillaises et drapeaux. La véritable nouveauté, que j’approuve entièrement, a été la présentation des noms, des photos et d’une biographie sommaire de chaque victime, encore qu’un peu trop hagiographique sans doute (si ça m’arrive, il serait plus exact de dire que j’ai toujours été un emmerdeur).

Cette présentation des victimes me paraît nécessaire. Pour une catastrophe lointaine, on mentionne parfois un nombre de français sans donner leurs noms. À quoi ça sert de donner seulement un téléphone pour les proches qui sont déjà au courant ? Concrètement, si on a un peu perdu le contact, on peut ignorer qu’on a perdu un ancien ami. Notons aussi que cette actualité dramatique a immédiatement fait oublier les 42 morts de l’accident du car en Gironde, et on n’a presque pas parlé des onze morts au moins de l’accident de TGV en Alsace survenu juste le lendemain de l’attentat ! On commençait pourtant à accuser le gouvernement pour le car, et on n’aurait sans doute pas manqué d’épiloguer sur la SNCF. Nos généralisations médiatiques sont bien peu de choses.

L’important dans cette opération qui consiste à faire le portrait des victimes dans de nombreux journaux est distinct, pour ceux qui éprouvent de la compassion, du fait d’accomplir un rituel impersonnel qui est la marque d’une maladresse bien intentionnée. Avec les moyens de communication actuels, c’est un peu ridicule

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